Madame la Conseillère départementale, Mesdames et Messieurs les Elus, Monsieur le Lieutenant représentant le Lieutenant Issac de la Communauté de Brigades de Gendarmerie de Coutras, Monsieur André Pouzeaud, Chers Anciens Combattants et porte-drapeaux,Monsieur le Sergent Gruel, responsable de l’association des Jeunes Sapeurs-Pompiers du Libournais, Mesdames et Messieurs les Présidents et responsables d’associations, Mesdames et Messieurs les Directeurs d’école, Mesdames et Messieurs les musiciens, Mesdames et Messieurs, Chers amis et chers enfants,

Tout d’abord, je souhaite féliciter nos deux nouveaux médaillés, Jean-Marc Bernard pour la médaille militaire et Alain Guéry pour la croix du combattant, votre engagement nous honore et nous sommes profondément fiers de vous voir décorés aujourd’hui…

Nous nous sommes réunis aujourd’hui pour commémorer le 101ème anniversaire de l’Armistice de 1918 qui mit fin à la première guerre mondiale. A cette occasion, je tiens à commencer mon propos par l’évocation d’une lettre formulée par l’écrivain Romain Rolland en septembre 1914. Une lettre qui m’est chère de prononcer tant ces questions raisonnent encore dans notre monde contemporain.

 « N’y a-t-il pas de meilleur emploi au dévouement d’un peuple que la ruine des autres peuples ? Faut-il que le plus fort rêve est perpétuellement de faire peser sur les autres son ombre orgueilleuse et que les autres, perpétuellement, s’unissent pour l’abattre ? A ce jeu puéril et sanglant, où les partenaires changent de place tous les siècles, n’y aura-t-il jamais de fin, jusqu’à l’épuisement total de l’humanité ? »

Ces questions expriment le désarroi et tout à la fois une extrême lucidité devant le déclenchement de la grande guerre et où l’embrasement des alliances internationales va faire basculer le monde dans ses heures les plus sombres.

En cette fin d’année 1914, nombreux étaient nos jeunes soldats qui pensèrent que la guerre ne durerait que quelques semaines, nombreux étaient ceux qui étaient convaincus qu’ils rentreraient pour Noël, nombreux étaient ceux qui pensaient partir pour une nouvelle aventure.

En 1918, après quatre années de lutte interminable dans un funeste chaos, les morts, les blessés, les mutilés se comptaient désormais par millions. Tant de familles déchirées à cause de la barbarie, tant de femmes sans mari, tant d’enfants sans père, tant de mères sans fils. Cette première guerre totale devint la première guerre mondiale. La grande guerre, celle qui devait être « la der des ders » préfigurait quelques années plus tard, l’avènement d’un conflit encore plus meurtrier.

En ce 11 novembre, honorons cette jeune génération sacrifiée, honorons nos poilus qui périrent sous les obus et le feu de l’ennemi, honorons ces femmes qui mirent leur talent au service de la nation, honorons nos 146 Coutrillons morts pour la France.

En ce 11 novembre, souvenons-nous d’une Europe qui fut la terre du chaos, de la désolation et de l’horreur. Souvenons-nous des tragédies de notre Histoire, souvenons-nous des larmes, des cris, de la douleur dans le creux des tranchées. Ce souvenir, c’est préparer l’avenir d’un peuple, c’est faire en sorte que ces drames ne se reproduisent jamais.

Les survivants sont aujourd’hui de moins en moins nombreux à nous faire le récit de leur terrible expérience, il est désormais de notre devoir de rapporter cette histoire pour que la flamme de la mémoire ne s’éteigne jamais, pour que chaque mort sur le champ de bataille soit une leçon à tirer des horreurs de la guerre.

La paix est une conquête du quotidien que nous devons préserver comme ce précieux sésame d’une valeur inestimable. La paix ne s’achète pas, la paix ne se vend pas, la paix ne décrète pas en oppressant les peuples. La paix est le fruit d’une union populaire, le fruit de l’union des nations.  Dans ces heures où l’obscurantisme menace la tolérance, où l’individualisme menace la solidarité et le bellicisme menace la paix, ne nous laissons pas porter par les sirènes du rejet, du repli, du chacun pour soi, car elles mènent à la méfiance et la méfiance au conflit. Continuons de montrer à nos enfants ces archives de guerre, continuons de leur transmettre le récit de ce XXe siècle si sanglant, continuons d’éveiller leur esprit critique pour empêcher toute forme de violence. Chacun d’entre nous se doit de veiller à ce que les bruits de bottes restent enterrés dans les limbes de l’histoire et que des temps lointains ne nous écartent pas de notre devoir de vigilance et de notre devoir de mémoire.

Je souhaiterais terminer cette intervention par une citation de Ferdinand Foch, « Parce qu’un homme sans mémoire est un homme sans vie, un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

Vive la paix,

Vive la République,

Vive la France

 

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