En préambule, je tiens à vous remercier de vous être déplacés, si nombreux en ce jour de commémoration.
Je suis heureux et touché d’avoir inauguré avec vous, au pied de l’arbre de la liberté, une plaque nous rappelant à chacun l’histoire de ce chêne.
Je profite de cet instant solennel pour remercier M. Pouzeau, Président de l’association des anciens combattants, résistants et victimes de guerre, pour son engagement à nos côtés afin de conserver ce symbole historique, ainsi que M. Bodin, ancien conseiller municipal, a qui je souhaite rendre un hommage particulier aujourd’hui pour son investissement sans faille pour notre commune et son engagement, tout au long de sa vie, pour défendre de nobles causes. Merci à lui.

Madame la Conseillère Départementale,
Monsieur le commandant de Gendarmerie,
Monsieur le Lieutenant des Pompiers,
Monsieur le responsable des cadets Pompiers,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations
d’Anciens Combattants, Résistants et Victimes de Guerre,
Messieurs les Porte-drapeaux,
Chers concitoyens, chers enfants,
Chers Jeunes de notre ville,

«Nous soussignés, agissant au nom du Haut Commandement allemand, déclarons par la présente que nous offrons la reddition sans condition au Commandant suprême des forces expéditionnaires alliées de toutes les forces de terre, de mer et de l’air qui sont sous contrôle allemand. » C’était le 7 mai 1945 à 2h41 à Reims.

L’Allemagne nazie avait capitulé sans condition.

Le lendemain, près de Berlin passé sous contrôle soviétique, une seconde reddition fut signée. Les accords prirent effet le 8 mai à 23h01. L’Europe était en paix.

Le 2 septembre suivant, la capitulation du Japon mit fin à la guerre la plus vaste et la plus meurtrière qu’ait connue l’humanité.

La Seconde guerre mondiale arracha à la vie plus de 60 millions de personnes. Pour la première fois dans l’histoire des conflits, elle tua plus de civils que de soldats : 45 millions de civils ont péri dont 6 millions de Juifs exterminés dans la Shoah. Des millions de personnes déplacées, sans abri ni ressources, des dégâts matériels considérables, le monde était alors en décombres.

Libérée grâce à toutes les forces engagées, celles des armées alliées, celles des Forces françaises libres, celles des combattants de la Résistance, celles de l’armée d’Afrique, la France est alors un pays en ruines : 610 000 des siens ont péri ; un million de familles sont sans abri ni ressources ; les villes de Caen, Brest et Le Havre sont rasées…

Dans notre ville aussi, des personnes ont fait preuve d’héroïsme et de courage. Dailleurs, comme le disait si justement Jules Renard Le véritable courage consiste à être courageux précisément quand on ne l’est pas. »

Quand je dis ça, Je pense notamment à Justin Luquot, cette grande figure Coutrillonne, à qui je voudrais rendre hommage. Lui qui eut le courage de s’opposer au régime de Vichy ; comme seulement 80 maires sur les 36 000 que compte la France, et qui votèrent contre le Maréchal Pétain, le 10 juillet 1940.

La paix d’alors, et celle qui demeure aujourd’hui, doit beaucoup à ces résistants.

Quand on évoque cette période, celle de la guerre et de l’occupation, l’honnêteté commande de ne pas occulter la part d’ombre qui fut aussi la nôtre.

La France a subi les délations, la honte de la collaboration,

celle du régime de Vichy, de ses « petites mains » miliciennes à ses élites ministérielles.

Pourquoi éclairer en ce jour cette part obscure de notre passé ? Pour rappeler que rien n’est jamais ni prédéfini, ni acquis. Ainsi, la France aurait pu sombrer dans le camp de l’Axe.

Il fallut l’opiniâtreté du Général de Gaulle pour faire reconnaître aux Alliés la légitimité de la France libre et éviter que le pays soit placé sous l’administration militaire des forces coalisées.

De nos jours, qui peut affirmer que la paix est à jamais acquise ?

Chacun sait qu’elle est un bien commun, précieux, mais fragile.

Avons-nous oublié qu’une guerre fratricide pouvait ravager le continent européen ?

Avons-nous oublié que la Shoah fut le terrible aboutissement d’un processus de stigmatisation des Juifs ?

Avons-nous oublié que des Français ont collaboré par adhésion à la « révolution nationale » de Pétain?

Avons-nous oublié que la crise de 1929 fut le terreau de la guerre ?

Celles et ceux qui sont nés après la guerre doivent se souvenir avec humilité de cette période.

Nous n’avons pas été les témoins directs de cette tragédie.

Nous n’avons pas vu les camps et les champs de bataille.

Nous n’avons pas été confrontés à des choix dramatiques, personnels ou collectifs.

Pour autant, se souvenir est une obligation ardente.

Il est de notre devoir de ne pas oublier les causes qui entraînent la guerre, et les conséquences qu’elle amène à son tour.

Il est de notre devoir de nous souvenir quelles valeurs nous ont été transmises.

En ce jour, nous fêtons les 71 ans de la capitulation de l’Allemagne nazie pour ne jamais oublier.

Chères Coutrillonnes, Cher Coutrillons,

Je vous demande à tous d’être vigilants, d’être les bâtisseurs

et les soldats de la paix de demain, elle vous appartient,

elle nous appartient.

Vive la paix. Vive la liberté. Vive la République.

Et vive la France.

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