Je veux saluer tout particulièrement les membres de la délégation d’Argentine qui nous font l’immense honneur d’être présents parmi nous pour cette cérémonie.

Monsieur le Ministre, André DIAZ CANO

Monsieur le Sénateur, Ruben UNAC

Messieurs les membres du conseil fédéral d’investissement de la province de San Juan.

Vous êtes de passage en France dans le cadre d’un partenariat avec l’UCVA et c’est une grande joie pour nous de pouvoir vous accueillir dans le cadre des commémorations du 11 novembre.

Les relations entre nos deux régions ne sont pas nouvelles en réalité puisque cela va faire bientôt 50 ans que dans le cadre d’un Championnat du Monde de Rink Hockey les échange entre Coutras et San Juan ont débuté. Le club de Coutras a accueilli des joueurs de talent : Pablo Garces, Sébastien Cano, Cirille Garcia, Adrien Coreia et Daniel Garcia. C’est notamment grâce à eux que Coutras a été deux fois champion de France.

Nous partagerons aujourd’hui une grande page de l’Histoire de France et pour cela je vous remercie infiniment de votre présence. Merci également à Messieurs LETOURNEAU et FONFREDE à l’initiative de cette rencontre.

Madame la Conseillère Régionale,

Madame la Conseillère départementale,

Mesdames et Messieurs les Elus,

Monsieur le Commandant ISSAC de la Communauté de Brigades de Gendarmerie de Coutras,

Monsieur André POUZEAU

Chers Anciens Combattants et porte-drapeaux,

Monsieur le Sergent GRUEL, responsable de l’association des Jeunes Sapeurs-Pompiers du Libournais,

Mesdames et Messieurs les Présidents et responsables d’associations,

Mesdames et Messieurs les musiciens,

Mesdames et Messieurs,

Chers amis et chers enfants,

 

Aujourd’hui, nous nous réunissons comme chaque 11 novembre depuis maintenant bientôt cent ans. Un moment solennel pour faire le lien entre les générations. Dans la clairière de Rethondes, à bord du train d’Etat-major du maréchal Foch, les généraux allemands et alliés se sont réunis le 11 novembre 1918 pour signer le cessez-le-feu, qui débouchera le 28 juin 1919 au traité de paix de Versailles. A l’automne 1918, les combats s’arrêtèrent après avoir causé plus de 10 millions de morts. Ce qui était alors le plus terrible des conflits de l’Humanité prenait fin. Pour autant, moins de vingt ans plus tard, alors que les plaies et les blessures des Nations n’étaient pas encore guéries, le monde sombrera de nouveau dans une nouvelle guerre mondiale et connaîtra le pire de ce que le Mal peut porter. Nous réunir aujourd’hui c’est donc célébrer bien sûr la paix, mais aussi rappeler sa fragilité en faisant le lien entre les générations.

En France, les combats de la Première Guerre Mondiale ont décimé un tiers des jeunes hommes de 18 à 27 ans. Tous dans nos familles, nous avons eu un grand-parent ou arrière grand-parent qui a vécu les conflits.

Ma génération est peut-être la dernière de celles qui ont entendu les récits de la guerre par ceux qui l’ont vécu. Les derniers témoins de la passation directe du flambeau de l’Histoire qui entre-deux anecdotes du front, ne doit pas faire oublier la peur et l’horreur de ce qu’est la guerre. Du prix que nos ainés ont dû payer parfois de leur vie pour rétablir la paix, ne serait-ce que pour quelques années. Nous devons chacun mesurer notre responsabilité face à ce devoir de mémoire et assurer sa transmission vers nos plus jeunes. Ce devoir nous impose aussi humilité et lucidité face aux défis mondiaux à venir.

Nous réunir en cette matinée du 11 novembre, c’est donc ne pas laisser dans l’oubli les souffrances de nos ainés, de nos familles, mais aussi de notre nation. Ces commémorations doivent rester de grands moments d’unité nationale, pour célébrer l’unité d’un peuple. La célébration d’une France solide, libre et fière de ses valeurs, au-delà de tous clivages politiques ou partisans. Les Poilus se sont battus pour que nous gardions nos libertés, c’est aujourd’hui à notre humble niveau de perpétrer cette union pour assurer les libertés des générations futures.

En 2018, un siècle se sera écoulé depuis la signature de l’Armistice. Il est alors compréhensible que ces événements et leurs répercussions sur l’ordre mondial puissent paraître lointains pour les plus jeunes. Plus aucun Poilu n’est là pour témoigner, les Nations, fort heureusement, sont de nouveau ouvertes aux autres et les nouvelles technologies du numérique ont balayé les contraintes de temps et d’espace, si bien que le bout du monde est aujourd’hui notre voisin.

Pour autant ; et je dirai même malheureusement, l’actualité nous rappelle froidement chaque jour combien la paix est friable. Il semblerait aujourd’hui qu’aucune partie du globe ne soit véritablement en paix. Pas un jour sans une réclamation isolationniste, une échauffourée, une tuerie ou un attentat… Le devoir de mémoire prend véritablement tout son sens. Plus que jamais, il nous faut nous souvenir des victimes de tous les conflits et de ne pas oublier les tensions qui ont servi de terreau à deux guerres mondiales. Si se souvenir est douloureux, cela est nécessaire. Car c’est en refusant d’oublier que nous pourrons peut-être éviter aux générations qui nous succéderont, les blessures qui ont touché celles qui nous ont précédés.

A ce titre je voudrais saluer nos soldats qui encore aujourd’hui défendent les valeurs de la France sur les théâtres d’opérations extérieures : en Libye, au Mali et au Sahel, en Côte d’Ivoire, en République Centrafricaine et au Liban. Je veux saluer aussi l’engagement de nos forces de sécurité sur le territoire national dans le cadre de l’opération Sentinelle et à leurs côtés les forces de police, de gendarmerie et les pompiers.

Albert Einstein que j’aime citer disait : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire. » Ou comme le relate l’« Ordre du jour » de Éric Vuillard tout juste primé au Prix Goncourt , comment « les plus grandes catastrophes s’annoncent souvent à petits pas ».

A notre niveau nous devons donc continuer inlassablement ce devoir de mémoire. Entretenir ce socle historique commun qui nous rappelle à chacun la fragilité de la paix et comme il peut être facile de céder aux sirènes de la discorde. Rappelons que malgré le Traité de Paix de Versailles, ceux qui ont dévoyé le patriotisme en nationalisme ont plongé le monde dans le chaos avec une seconde guerre mondiale. La cérémonie qui nous a réuni aujourd’hui, ce n’est ni du folklore, ni de la nostalgie réactionnaire. C’est un devoir patriote, humble de son passé et lucide sur son avenir. Sans caricature ni excès. Nos morts, nos disparus et nos blessés resteront dans nos mémoires pour que jamais la violence ne soit banalisée. En ce 11 novembre 2017, nous nous remémorons encore et toujours les sacrifices qui ont été nécessaires à notre liberté.

Vive la République.

Vive la France.

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