La fête du Fagnard organisée ce week-end par l’association Coutras Action viendra clôturer un programme estival que nous avons souhaité riche en animations.  En raison de la crise sanitaire, les organisateurs de cette manifestation, devenue incontournable, ont su s’adapter et proposer un programme respectant un ensemble de règles imposées. Un marché gourmand remplacera notamment le dîner cabaret habituel sous chapiteau.

Dans ce cadre à ciel ouvert, la sous-préfecture de Libourne a néanmoins fait le choix d’interdire le traditionnel feu d’artifice de samedi soir. Une décision justifiée par la « réévaluation de la situation sanitaire locale et nationale ». Les organisateurs de la fête du Fagnard projetaient un rassemblement de 2 500 personnes maximum. Un spectacle nocturne de Vendée, quant à lui, est autorisé à accueillir 5 000 personnes, selon les règles érigées par l’État… deux poids, deux mesures !

Et bien au-delà, de cette interdiction de rassemblement et de ces traitements différenciés, je m’interroge sur deux aspects majeurs de la crise sanitaire.

La première réside dans notre capacité à estimer les dommages collatéraux de cette pandémie sur un plan uniquement humain. Qu’en est-il de la santé mentale liée au confinement ? Coupés de tous liens sociaux avec la famille, les amis, les collègues…, nombreux sont ceux qui ont été privés des satisfactions procurés par les moments de partage. Ainsi, la plupart des études font déjà état des effets négatifs : troubles émotionnels, dépressions, stress, colère. En EHPAD, les personnes âgées ayant subi l’isolement ont clairement des séquelles : baisse de tonus, perte d’appétit et même d’envie de vivre. Ces symptômes alarmants risquent de conduire à  des syndromes de glissement que nous ne pouvons prendre à la légère. Pour preuve, dans l’EHPAD dont je préside le Conseil d’administration, 18 décès sont déjà constatés entre janvier et juillet 2020 versus 7 en 2019 (aucun de ces décès n’est lié à la COVID-19). Concernant les violences intra-familiales, les rapports sont implacables. Ils constatent une nette augmentation des violences pendant cet enfermement (30 000 appels en avril 2020, soit trois fois plus qu’en février ou mars).

Le deuxième point concerne les dispositifs mis en œuvre pour lutter contre une pandémie. Bien qu’ils doivent être une priorité sur un temps donné, ils ne sont acceptables que s’ils sont appliqués provisoirement. Confinement généralisé au domicile, rassemblements prohibés, couvre-feux, parcs surveillés par des drones. Pouvions-nous imaginer, en temps de paix, que les démocraties endurent pareilles entorses aux principes qui les fondent : les libertés publiques ?

L’état d’urgence sanitaire est une première ; elle pourrait suggérer que nous devons choisir entre santé et libertés. Or, comme l’exprime Thomas Jefferson  (président des États-Unis de 1801 à 1809), « Si tu es prêt à sacrifier un peu de liberté pour te sentir en sécurité, tu ne mérites ni l’une, ni l’autre. »

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