D’ici le début d’année 2018, le Gouvernement devra trancher sur l’avenir du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Un projet voté par des élus locaux élus démocratiquement il y a plus de 40 ans ! Dernièrement plébiscité par un référendum local, le chantier n’a toujours pas démarré et la zone reste bloquée par près de 300 personnes qui occupent illégalement propriétés privées et domaine public. Exemple caricatural d’une démocratie qui manque de courage et qui n’ose plus mener d’actions politiques d’intérêt général mais écoute les minorités.

Ce profond recul de la démocratie est peut-être un préalable à un changement de régime. Pour le plus grand nombre, la démocratie doit regagner en autorité. En rempart contre l’autoritarisme, notre modèle s’est trop longtemps enfermé dans ce que sa nature lui interdisait de faire, plutôt que dans ce qu’il se devait d’accomplir. Une vision pessimiste de l’Homme qui a dénaturé nos systèmes politiques, aujourd’hui corrompus par des minorités qui réclament de nouvelles formes de privilèges.

On assiste alors à un système politique qui, dévoyant la démocratie, se prévaut de principes démocratiques qui ne sont dans les faits pas respectés. Ce phénomène est aussi fortement accentué par la montée en puissance quasi dogmatique de la technocratie. Le pouvoir est confisqué aux élus par quelques fonctionnaires zélés qui surenchérissent les aspects techniques pour détourner les débats. Certaines collectivités deviennent alors de vrais outils de lobbying ou de gouvernance parallèle à celle des élus.

En réalité les bases du jeu politique et démocratique ne sont plus acceptées, et sous couvert d’humanismes, des minorités autoritaristes confisquent le pouvoir et imposent leur volonté aux Français. Des assemblées élues démocratiquement portent des projets qui finissent bloqués par des minorités, non représentatives, et le manque de courage politique de certains élus laisse pourrir ces situations. Faire de la politique, c’est être au-dessus des groupuscules de pression, bruyants et racoleurs. C’est s’élever plus haut que la simple somme des intérêts particuliers, c’est s’engager pour l’intérêt général.

Simone Veil disait : « Un devoir ingrat incombe à l’homme politique. Quand il accepte un mandat ou une mission, sa personne et ses sentiments doivent s’effacer. Il se doit de définir et d’appliquer la politique la plus conforme à l’intérêt général. Une part de la grandeur de ce métier est là. Cela s’appelle le courage. Un homme politique ne doit pas chercher à plaire, mais à agir. »

Crédit photo ©lejdd.fr

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