Aux premiers jours de l’automne, l’euphorie de l’été et de la France championne du monde de football est derrière nous. Il est regrettable que les valeurs du sport, plébiscitées haut et fort lors de ce beau moment d’union nationale, soient bien vite reléguées aux oubliettes. Alors que le pays a besoin de symboles fédérateurs forts, la pratique sportive doit s’affirmer et être valorisée.
Les femmes et hommes politiques, aiment à rappeler ces valeurs : cohésion, don de soi, fairplay, esprit d’équipe, goût de l’effort et du dépassement. Pourtant ces idéaux doivent s’incarner toute l’année, et pas seulement à l’occasion de grands rassemblements sportifs. Je regrette que l’Etat ne l’ait pas gardé à l’esprit lorsqu’il évince 60 millions d’euros dédiés au financement des pratiques sportives de son budget. Le financement accordé à une politique est révélateur de l’importance qu’on lui donne. Dans le même temps, l’Etat prélève la moitié des droits de retransmission (la taxe Buffet), censée financer le sport amateur, pour résorber son déficit. C’est une aberration alors que le sport amateur souffre durement, comme tout le tissu associatif par ailleurs, d’un manque cruel de bénévoles et de soutien. C’est oublier tout le lien social que le sport génère, contribuant grandement à l’intérêt général. Il permet à chacun, de tout âge et de toute origine, de s’affirmer et de s’épanouir dans un cadre qui lui assure une reconnaissance. Le sport, comme le travail et la famille, est l’école de la vie et de la citoyenneté. On y trouve une place, un rôle, un but, le goût de se dépasser et d’être meilleur pour soi et pour les autres.
De telles coupes budgétaires doivent alerter aussi sur la méconnaissance de l’Etat quant au retour sur investissement du sport amateur. Sans cette base, pas de champion, pas de retransmission, de grandes compétitions qui font rayonner à l’international nos villes et notre pays…pas d’équipe de France et pas de modèle pour nos jeunes. Et puis c’est oublier le secteur marchand et l’économie bien réelle autour du sport : le sponsoring, le merchandising, la presse spécialisée, ce sont des pans entiers d’emplois marchands remis en cause.
Le Centre de Droit et d’Economie du Sport de Limoge publiait en septembre une étude sur le poids du sport dans l’économie. Le mouvement sportif (associatif et professionnel) compte pour près de 12 milliards d’euros dans l’économie française, dont plus de la moitié pour le sport amateur. Le travail réalisé par ses bénévoles (plus de 3 millions de Français) se valorise quant à lui à entre 5 et 10 milliards. Le dynamisme économique du sport ne cesse de s’accroître. Les infrastructures prévues pour la coupe du monde de 1998 étaient devenues trop petites pour l’Euro de 2008, elles-mêmes trop petites pour la Coupe du Monde de 2018. À titre d’exemple au niveau local, une demi-finale du top 14 génère plus de 20 millions d’euros de retombées économiques sur son agglomération d’accueil.
C’est pourquoi à l’heure où la règle est à la diète financière, j’ai souhaité conserver pour Coutras l’enveloppe de subvention et continuer le soutien au tissu associatif. Je souhaite de plus que les associations qui s’investissent pleinement dans la vie de la collectivité puissent être davantage valorisées.
Au niveau national, le Comité National Olympique et Sportif Français a lancé une pétition à l’attention du gouvernement pour alerter sur la situation du sport amateur. Le Comité préconise le déplafonnement des droits de retransmission ce qui assurerait aux clubs et à ses dirigeants, les moyens de leurs actions, au bénéfice de tous. J’ai naturellement signé car j’estime que le sport ne peut pas être une variable d’ajustement.
Je vous invite, si vous le souhaitez, à en faire de même en vous rendant sur : http://lesportcompte.franceolympique.com/cnosf/lesportcompte/
Déjà 243 000 signataires se sont engagés.

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