Les résultats des primaires de la droite et du centre intervenues dimanche 27 novembre sont sans appel. Les débats ont été de grande qualité et très dignes. Le grand nombre de participants démontre aujourd’hui combien la grande famille de la droite et du centre est prête à se rassembler. C’est un nouveau combat qui va débuter, celui des Présidentielles 2017. Se rassembler c’est prendre bien conscience que nous aurons tous besoin les uns des autres. J’ai toujours soutenu Alain Juppé et je lui reste fidèle. C’est un grand homme d’Etat et qui, ici dans le Sud-Ouest, laissera un héritage indélébile. Le score qu’il réalise en Gironde est très révélateur, les gens d’ici ont pu mesurer l’efficacité de la méthode Juppé et comment il a transformé sa ville de Bordeaux et sa région. C’est un homme de dialogue, de consensus mais aussi de combat. Sa méthode doit continuer d’être incarnée au niveau national et c’est essentiel si la droite et le centre veulent réussir en 2017.

Je me rassemble derrière François FILLON, vainqueur de cette primaire. Je suis complétement d’accord avec lui sur la question de la Syrie par exemple. Il faut rester cohérent et lucide sur la situation. Bien sûr la France et l’Europe doivent garder leur indépendance vis-à-vis des Etats-Unis et de la Russie. Mais l’objectif est bien de retrouver un équilibre général dans cette région du monde, on ne pourra pas s’affranchir de négocier avec les forces en présence, Poutine et Al-Assad inclus.

De même sur le principe de précaution, il est évident que la France traine cela comme un boulet à la cheville. On a créé un dogme de toute pièce qui rend complètement aveugle sur les calculs coûts/avantages de telle sorte que l’erreur n’est plus permise nulle part. Le risque ça ne s’évite pas, ça se gère. Nous sommes d’ailleurs tous le résultat de millions d’années d’erreurs, alors soyons en fier et n’ayons pas peur de l’expérimentation.

Pour autant il subsiste quelques questions que les débats des primaires et le résultat n’ont pu solder.

Sur la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires, l’ensemble de la droite et du centre prend acte de cette proposition mais je m’interroge sur les conditions de mise en œuvre. Je suis d’accord avec François Fillon lorsqu’il indique que les polices municipales doivent être renforcées avec une vraie politique de sécurité sur leur territoire. Mais l’équation d’assurer plus de missions avec moins d’agents est arithmétiquement impossible. Sur ces sujets encore plus que sur d’autres il faut veiller à ne pas tomber dans le piège de la démagogie.

Sur le passage aux 39 heures dans la fonction publique et une base de négociation sur 48 heures maximum dans le secteur privé, est-on bien conscient des inégalités qui pourraient apparaitre ? La proposition d’aligner les deux secteurs sur 39 heures me parait bien plus raisonnable. Si le passage dans la fonction publique de 35 à 39 heures est un levier pour arriver à l’objectif des 500 000 fonctionnaires de moins, nous faisons fausse route. Le statut de la fonction publique ne permet pas de se séparer d’un agent pour ce qui s’apparenterait à un « licenciement économique ». Partant de cela il est important de préciser comment cette hausse du temps de travail sera financée ou bien nous travaillerons plus pour la même rémunération.

Je serai également très attentif aux propositions pour les territoires ruraux. François FILLON souhaite que les intercommunalités soient chef de file en matière d’urbanisme et de logement. Je crois que les maires doivent garder la main sur ces deux aspects essentiels de l’aménagement, particulièrement les plans locaux d’urbanisme. C’est eux qui sont au cœur de leur commune, qui pourrait mieux connaitre les besoins et les potentiels ? La loi NOTRe était déjà extrêmement re-centralisatrice alors que la population souhaite davantage de proximité avec ses élus. On est en plein paradoxe. Inversement, il faudra veiller à ce que l’Etat ne se désolidarise pas des compétences qui le gêne financièrement, comme c’est le cas avec les cartes d’identité qui vont se complexifier avec des compensations anecdotiques, ou le transfert des PACS, mais qu’il sache transférer les compétences dont la gestion locale à un sens. Deux points importants figuraient dans le programme d’Alain JUPPE : les zones franches rurales et le développement du haut débit. Il faut que ces deux sujets continuent d’être portés.

Si certaines propositions sont séduisantes sur le papier, il est difficile de voir comment l’ensemble fonctionne. De manière générale j’ai du mal à définir la politique de François FILLON, est-ce de la relance ou de l’austérité ? L’OCDE dans ses derniers rapports semble préconiser la relance budgétaire et je suis d’accord avec cela. Je pense que les politiques d’austérité ont terminé de mettre à plat les économies. Les leviers de recettes ont été négligés au profit du seul levier de la rigueur. Dans ma commune j’essaie par tous les moyens, malgré les baisses des dotations de l’Etat, de privilégier un investissement haut, porteur de richesses pour le territoire.

Ces réformes profondes ne pourront être menées qu’avec discernement, méthode et dans une vision globale de notre économie. C’est en cela que la méthode Juppé devra avoir un écho au niveau national. C’est aussi très vrai pour des sujets locaux, qui devront être portés haut et fort lors des prochaines législatives.

Compte-tenu du calendrier, je vais être très attentif aux candidats potentiels pour la 11e circonscription. Coutras en est la deuxième commune et je suis très préoccupé par les candidats potentiels qui seront en mesure de porter les projets du territoire et de les défendre si besoin au niveau national. C’est par exemple le cas du grand contournement de la métropole. Peu importe finalement de savoir s’il passe par l’ouest ou par l’est, les infrastructures routières de la Gironde doivent s’adapter très vite. La Métropole est un formidable moteur qui ne doit pas caller, victime de son succès. Aujourd’hui le projet de contournement par l’ouest n’est pas abouti et celui par l’est semble plus simple techniquement et moins couteux, mais les candidats doivent clairement se positionner. Dans l’une ou l’autre des hypothèses les deux bassins de vie de cette 11ème circonscription, le Blayais et le Coutradais, devront se développer en équilibre. Le tracé retenu devra donner lieu à des compensations équitables pour l’un ou l’autre des bassins. C’est une subtilité de cette 11ème circonscription et je serai très attaché à ce que les potentiels candidats en prennent bien la mesure. L’équilibre des territoires est primordial, il en sera de même sur les thématiques du développement économique ou sur la répartition de l’enveloppe parlementaire. Généralement ce sujet reste volontiers assez flou pendant les campagnes.

  1. BERNARD says:

    Bonjour Jérôme

    Je partage à 100% ton analyse.
    Cordialement

    Stéphane BERNARD

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