Chacun s’accordera à dire que la solidarité, dans sa définition pure, est un impératif de société. Cependant, comme beaucoup d’autres notions, l’Histoire a profondément détourné le sens premier de la solidarité dans un amalgame de concepts qui divergent pourtant profondément.

La solidarité revêt un caractère universel. Tout citoyen a intérêt à y contribuer car tout citoyen selon ses besoins est susceptible d’y avoir recours. Elle s’oppose ainsi à la charité qui divise entre ceux qui donnent de ceux qui reçoivent. Sans cette division, factuelle et bien souvent ordonnée, la solidarité est alors liée au principe de sincérité. La solidarité ne peut être ni contrainte ni même issue d’une pression sociale culpabilisante. Elle est le résultat d’une adhésion libre. Dans la philosophie contractualiste, représentée en premier lieu par Rousseau, Hobbes et Locke, c’est donc librement que les Hommes ont choisi de fonder les Etats. Son rôle est d’assurer les libertés fondamentales et la protection minimale nécessaire à l’épanouissement de l’Homme qu’on appellera généralement les fonctions régaliennes. Bien sûr ces théories qui ont maintenant plus de deux cents ans méritent d’être recontextualisées à l’heure d’une société mondialisée. Les différentes vagues de globalisations et les prises de conscience sur les questions climatiques et humanitaires ont exacerbé le caractère d’interdépendance entre les Hommes. Plus récemment, la montée des populismes a aussi été un franc révélateur de certaines limites du système économique actuel qui s’est révélé, de manière tout à fait objective, pas aussi équitable et durable que les sociétés l’avaient envisagé. De façon générale, de nouveaux impératifs sociaux apparaissent.

Pour autant, je constate que sous la pression et les discours parfois très infantilisants, une forme d’égalitarisme hypocrite s’est substituée à la justice sociale. La solidarité s’est effacée au profit de l’assistanat ce qui se traduit par moins de libertés mais jamais moins d’inégalités. L’Institut Molinari a récemment réalisé un classement des Etats « moralisateurs », « protecteurs » diront certains. Si l’on croise ce classement avec ceux des performances en matières économiques et sanitaires (PIB par habitant, éducation, parcours de soins, prise en charge, etc…) on ne trouve aucune corrélation entre le niveau de dépense publique ou le volume de législation et les performances de l’Etat.

Or, je vois avec inquiétude que l’assistanat et l’égalitarisme sont entretenus avec ferveur sans pour autant réduire dans notre Pays la pauvreté et les inégalités. Si l’enfer est pavé de bonnes intentions, le surplus d’intervention de l’Etat dans tous les aspects économiques, sociaux et même familiaux entretient ces inégalités. Pire, il ôte toute envie de charité spontanée aux citoyens. Si l’Etat paie, pourquoi donc aider son prochain ? C’est alors que nos concitoyens sont bercés d’illusions, et se sont vus priver de toute initiative, de goût du risque et même simplement de lucidité.

L’exemple de la Guyane est flagrant, ce territoire ultramarin abreuvé de subventions sans aucun contrôle. Avec un climat tropical et des paysages paradisiaques, des ressources maritimes, minières et forestières abondantes, une position géographique idéale pour une industrie de pointe qu’est l’aérospatiale, tout concourrait à ce que la Guyane soit un atout économique majeur pour la France. Malheureusement, la région accuse un taux de chômage de plus de 20% là où, passée la frontière, la province de Saint-Martin avec les mêmes atouts est en plein boom économique.

Je plaide donc en faveur d’un retour à la solidarité, à l’accompagnement raisonné des services publics pour les plus fragiles. Il est du ressort de la solidarité nationale d’intervenir en cas d’accident de la vie, de pouvoir proposer à des publics en difficultés des structures adaptées lorsque les parcours classiques et balisés de la République montrent leurs limites. Mais en aucun cas, le service public ne doit intervenir de façon infantilisante en bridant l’initiative individuelle.

Au niveau local, j’attache la plus grande importance à proposer aux Coutrillons une administration bienveillante et à l’écoute. C’est notamment le cas concernant les instructions d’urbanisme où dans le cadre des pouvoirs du Maire, j’essaie avec le concours des services municipaux de faciliter autant que possible les projets de construction des particuliers ou d’installation d’entreprises. De même, sur les sujets sociaux, en tant que Président du Centre Communal d’Action Sociale, nous étudions avec le Conseil d’Administration les demandes d’aides et de logement en privilégiant les publics qui ont un vrai projet de reconversion et de réinsertion professionnelle.

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