La communauté d’agglomération du Libournais comptait jusqu’au 1 er janvier 2017, 34 communes pour un bassin de 71 000 habitants. Son objectif est d’associer les maires sur un territoire cohérent pour mener à bien un ensemble de projets fédérateurs : développement économique, développement durable, transports…Le regroupement des communes au sein d’Etablissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) a permis depuis maintenant plus de quarante ans, de produire des investissements structurants que les communes seules n’auraient pas été en mesure d’assumer. C’est aussi un outil pour mener des politiques qui dépassent le cadre municipal. Dans le cadre de la Vice-Présidence qui m’a été confiée, le développement économique, j’œuvre avec les équipes de la CALI à promouvoir un territoire au potentiel économique fort et à le développer de façon équilibrée entre les communes et nos 9 zones d’activités. La CALI permet à ce titre une vision globale d’un territoire qui vit en interconnexion avec le reste du département et de la région. C’est une organisation qui a la taille critique utile et pertinente pour favoriser l’émergence d’un tissu économique solide. Elle gère 150 hectares de zone d’activités sur 9 sites avec une situation géographique stratégique, à proximité de la Métropole bordelaise et des infrastructures de desserte de qualité. Elle intervient aussi pour soutenir l’activité économique en animant plusieurs dispositifs : espaces de coworking, partenariat avec l’ADIE (micro-crédits), plateforme emploi avec Jobijoba…

Depuis plusieurs mois, la CALI travaille à étendre son périmètre en intégrant la communauté de communes du Sud Libournais et une partie de la communauté de commune du Brannais. La nouvelle communauté d’agglomération du Libournais élira lors de son Conseil communautaire du 9 janvier 2017 son Président et ses Vice-Présidents, conformément à son nouveau périmètre. Ce sont donc 46 communes et 88 700 habitants qui pourront profiter des services de la CALI. Je me félicite que nos territoires ruraux puissent sur un grand nombre de sujet bénéficier d’un effet de masse indispensable et d’une ingénierie technique pour les assister. Cependant, avec ce nouveau périmètre et l’arrivée de la loi égalité et citoyenneté adoptée le 22 décembre 2016, une compétence des communes se voit d’office transférée à l’EPCI : le plan local d’urbanisme.

Le Plan local d’urbanisme (PLU) est un document de planification de l’aménagement de la commune. Il permet au conseil municipal et au Maire de faire le diagnostic de l’état d’aménagement de la commune et d’en définir les orientations par zone. C’est tout simplement le plan du maire dans son rôle de bâtisseur et de proximité. C’est le document qui traduit la vision de l’équipe municipale pour l’aménagement de la commune dont les habitants ont confié, par le suffrage universel direct, la gestion.

Les réformes territoriales et les transferts de compétences se sont succédées à un rythme soutenu depuis les années 70, avec généralement une constante bien triste : le dé tricotage minutieux des prérogatives des communes. A l’heure où nos concitoyens ont plus que jamais besoin de proximité, voilà que le législateur impose aux Maires d’abandonner leur outil de planification de la commune pour le transférer à une entité certes outillée techniquement, mais bien éloigné du cœur des communes. D’autant plus que les schémas intercommunaux, départementaux et régionaux de cohérence existent déjà par dizaines (SCOT, PLH, SRADDT…)

Les Français restent très attachés à leur Maire, c’est même l’élu qui garde le plus de crédibilité à leurs yeux. Alors comment assurer ce rôle de proximité sans compétence ? Qui mieux que le Maire peut diagnostiquer l’aménagement de sa commune ? Et surtout, pourquoi lui confisquer le seul outil qui lui restait pour traduire sa vision politique ? Sommes-nous condamnés, nous Maires de petites communes pour qui ce magnifique mandat est un parfois un vrai sacerdoce, à simplement déposer des chrysanthèmes ?

Je me battrai toujours pour que nos territoires ruraux ne soient pas oubliés, et cela passe par leur intégration au sein d’EPCI forts et cohérents. Il reste impensable que cette fédération autour d’objectifs communs se fasse au détriment des pouvoirs du Maire en matière de proximité et que son attachement viscéral à la population soit ainsi piétiné.

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