Depuis deux semaines, l’actualité est dominée par les effets de la présidentielle américaine et les primaires de la droite et du centre. La question de l’accueil des réfugiés passe au second plan alors que la relocalisation des personnes issues de la « Jungle » de Calais se poursuit dans les territoires.

Revenons aux fondamentaux et à la distinction entre un réfugié et un migrant. L’amalgame s’est rapidement installé sur fond de discours sécuritaire et je regrette que les médias n’aient que très peu éclairé ce sujet. La Convention de Genève dans son article 1 donne une définition très claire du réfugié : « personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité […] et qui du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un groupe social déterminé ou de ses opinions politiques craint avec raison d’être persécutée et ne peut se réclamer de la protection de ce pays. » Etre réfugié c’est donc craindre pour sa vie.

Quant aux migrants, l’ONU donne la définition suivante : « personnes qui vont exercer, exercent ou ont exercé une activité rémunérée dans un Etat dont elles ne sont pas ressortissantes ». Il s’agit bien ici d’un lien économique et non une situation humanitaire. L’ONU ajoute d’ailleurs que les migrants « ne jouissent pas du régime juridique général inhérent au statut de réfugié ».

En faisant l’amalgame entre le réfugié en situation de crise humanitaire et le migrant économique, une partie de la classe politique a renié la tradition Humaniste Française. C’est nier la vocation ancestrale de la France à accueillir les victimes de la Guerre. Cette distinction pourtant claire entre deux situations différentes n’a malheureusement pas été assez traitée et ce vide a laissé une place bien trop importante aux extrêmes. Dire que nos aînés se sont battus sous l’occupation pour cacher des familles juives ; et qu’aujourd’hui en temps de paix nous sommes incapables d’accueillir les réfugiés venus de Syrie…quelle tristesse pour notre pays.

Que faire alors ? Appliquer la loi ! Les reconductions à la frontière des migrants économiques illégaux restent presque anecdotiques ! Comment le peuple pourrait-il avoir confiance en ses élites si elles n’utilisent pas les outils déjà à leur portée ? C’est à cause de ce manque de pédagogie et de courage politique que les populismes trouvent un écho grandissant. C’est ainsi qu’aujourd’hui, un pays de l’autre côté de l’Atlantique, qui a fondé toute son histoire sur les migrations et la prise de risque entrepreneuriale a mis à sa tête un protectionniste convaincu.

Bien évidemment chacun pourra avancer que les reconductions aux frontières sont dans l’absolue inefficaces avec un espace Schengen en fin de vie. Alors quelles perspectives ? La vraie question est de savoir pourquoi tous ces migrants quittent leur pays sans que leur vie ne soit toujours menacée ? C’est par manque d’avenir économique et social.

Il devient urgent de diagnostiquer les pays qui souffrent d’émigration économique et de bâtir avec eux des accords bilatéraux de développement économique pour redonner à ces peuples des perspectives dans leurs pays. En cela je suis en accord avec les propositions d’Alain JUPPE sur la nécessité de construire une réelle politique de réadmission entre l’Europe et les pays tiers.

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