En novembre 2015, notre ministre de l’intérieur, M. Cazeneuve affirmait vouloir renforcer le lien entre Etat et maires, entre police municipale et nationale.
Près d’un an plus tard, à l’instar d’autres élus locaux, je m’indigne de n’avoir toujours accès à aucune information concernant la possible présence de personnes radicalisées sur notre territoire.
Notre pays, toujours en état d’urgence et attaqué de toute part, détient une mine d’or pour lutter contre le passage à l’acte, les fiches S.
En effet, nous l’avons constaté, quasiment chaque enquête a révélé la présence de personnes fichées S dans l’organisation ou dans la réalisation de ces actes barbares.
Nous ne devons plus penser que seules la prévention et la sensibilisation seront suffisantes à lutter contre ce fléau. Nous devons agir.

Agir implique d’être informé. Le maire d’une commune en est son premier magistrat, il doit assurer la sécurité de ses administrés.
Or, ici, par exemple, en Gironde, un rapport ministériel a recensé 61 signalements de personnes en situation de radicalisation inquiétante ou menaçante.
Où sont-ils ? Comment savoir si ces personnes ne sont pas dans notre commune, ne travaillent pas au sein d’associations ou auprès de nos jeunes, comme ce fut le cas de deux proches d’Amédy Coulibaly, employés à la mairie d’Aulnay-sous-bois comme animateurs sociaux !
Pourquoi ne pas fournir les éléments aux élus locaux ?
Aucun lien ni aucune information ne nous sont transmis par la gendarmerie ou par l’Etat.
Or, grâce à nos policiers municipaux nous pourrions, en connaissance de cause, à notre petite échelle, réaliser des missions de surveillance de proximité, sûrement plus efficaces que des fichiers sommeillants dans un ordinateur parisien.
Malheureusement, c’est ici, une fois de plus, la preuve que notre démocratie est malade.
En effet, en tant que maire, je dispose d’un pouvoir de police et du statut d’officier de police judiciaire.
A ce titre, des responsabilités importantes m’incombent en terme de sécurité sur ma commune.
Or, ce pouvoir n’est assorti d’aucun outil.
Les polices municipales n’ont que très peu de droits, ne sont pas autorisées, par exemple, à faire de contrôle d’identité, ni, plus grave, à réaliser d’enquêtes, alors même que cela fait partie des pouvoir de police du maire !
Lorsque l’on sait combien il est difficile pour un maire d’obtenir des renseignements de la part des officiers présents sur la commune (ndlr : à Coutras, gendarmerie nationale) ou de les diligenter sur des affaires qui nous paraissent pourtant d’une grande importance, je me demande quel est l’intérêt de ce statut d’OPJ, si ce n’est la possibilité de pouvoir se retourner, en dernier recours, sur le maire, qui n’aurait pas assuré sa mission alors même qu’il ne le pouvait.

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may use these HTML tags and attributes:

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.